La BAD décroche un soutien massif pour ses nouvelles plateformes de santé et d’aviation

 

Réunis en marge des Assemblées annuelles 2026 à Brazzaville, les gouverneurs et partenaires de la Banque africaine de développement (BAD) ont validé un virage stratégique majeur. L’institution panafricaine abandonne le financement classique par projet au profit de méga-plateformes destinées à transformer l’aviation et les systèmes de santé sur le continent.

D’après le communiqué officiel publié par le Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), cette nouvelle architecture financière vise à mutualiser les investisseurs et à réduire les risques pour attirer les capitaux privés. Deux initiatives concrètes sont au cœur de cette stratégie : le Programme intégré de transformation de l’aviation en Afrique (IATP) et la Facilité africaine pour les médicaments et équipements médicaux (AMEF).

Un plan de 7 milliards de dollars pour le ciel africain

Selon les données présentées par le Département des infrastructures de la BAD, les compagnies régionales n’opèrent actuellement que 19 % des vols sur le continent, générant un manque à gagner annuel estimé entre 50 et 100 milliards de dollars. Pour inverser la tendance, la banque annonce vouloir mobiliser 7 milliards de dollars au cours des cinq prochaines années.

Le projet a immédiatement reçu un signal fort de la part des partenaires internationaux. Le Japon a ainsi officialisé un appui de 10 millions de dollars en faveur de la Facilité de partage du risque de l’IATP, un fonds destiné à sécuriser le financement des flottes commerciales africaines.

Urgence sur la souveraineté sanitaire

Le volet médical répond à des statistiques critiques fournies par la direction du secteur privé de la BAD : l’Afrique ne fabrique que 1 % de ses médicaments et 0,5 % de ses vaccins. La nouvelle plateforme AMEF vise à structurer des mécanismes d’approvisionnement stables pour réduire les délais d’accès aux soins, qui oscillent aujourd’hui entre trois et neuf mois.

Le président du Groupe de la BAD, le Dr Sidi Ould Tah, a rappelé la complémentarité de ces deux réseaux. Une meilleure connectivité aérienne reste indispensable pour acheminer rapidement les vaccins et le personnel médical à travers le continent, tout en fluidifiant la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf).

La notation « Triple A » comme bouclier financier

Ce changement de paradigme a été salué par les ministres africains présents. Selon le ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération du Sénégal, Abdourahmane Sarr, la réduction des risques est le principal défi des marchés locaux. Il souligne que la BAD joue un rôle d’accélérateur capital en faisant bénéficier ces plateformes de sa notation financière « Triple A ».

De son côté, le ministre camerounais Alamine Ousmane Mey a réaffirmé le soutien de son pays à ces outils, les qualifiant de leviers indispensables pour répondre aux besoins urgents des populations face aux crises sanitaires et géopolitiques mondiales.

 

Author: admin