Le Premier ministre Ousmane Sonko a communiqué les détails relatifs à l’évolution de la structure actionnariale du bloc gazier Yakaar-Teranga lors d’une intervention ce jeudi. Le gouvernement a confirmé la signature d’un protocole actant le retrait de la compagnie américaine Kosmos Energy du projet. À la suite de cet accord, la Société Nationale des Pétroles du Sénégal (PETROSEN) récupère l’intégralité des parts de la licence, passant ainsi d’une participation de 10 % à 100 %.
Cette transition s’effectue selon des modalités spécifiques. Le départ de Kosmos Energy intervient sans versement de contrepartie financière de la part de l’État sénégalais ou de PETROSEN. Ce mouvement précède l’échéance de la licence d’exploration qui était programmée pour le mois de juillet 2026. En reprenant l’actif, le Sénégal prend la responsabilité directe du développement d’un gisement dont les réserves sont estimées à 25 trillions de pieds cubes de gaz naturel.
Le gisement Yakaar-Teranga constitue le pivot de la stratégie nationale de production d’électricité à partir du gaz, dite « Gas-to-Power ». L’objectif affiché par les autorités est l’utilisation de cette ressource pour l’alimentation des centrales électriques nationales afin d’influer sur les coûts de production de l’énergie et de soutenir le secteur industriel. Contrairement au projet Grand Tortue Ahmeyim (GTA), situé à la frontière avec la Mauritanie, Yakaar-Teranga est orienté vers la consommation du marché intérieur.
Cependant, la pleine propriété du bloc Cayar Profond impose à PETROSEN de répondre à des exigences de financement et de compétences techniques. Le développement des infrastructures d’extraction et de transport du gaz nécessite la mobilisation de capitaux s’élevant à plusieurs milliards de dollars. En tant qu’opérateur unique, la société nationale devra désormais structurer le financement de ces dépenses en capital (CAPEX) sur les marchés financiers ou par la recherche de nouveaux partenaires. La gestion technique du site, situé en eaux profondes, représente également un paramètre central pour la suite du calendrier opérationnel.
Ce changement d’actionnariat s’inscrit dans le cadre des activités de la commission de revue des contrats miniers et pétroliers mise en place par la nouvelle administration. Le retrait de Kosmos Energy fait suite à celui de BP en 2023, laissant l’État en position de décisionnaire exclusif sur la conduite des opérations. La prochaine étape déterminante pour le projet sera l’atteinte de la décision finale d’investissement (FID), étape qui validera le lancement effectif de la phase de production.
Pour le secteur extractif sénégalais, cette situation marque un précédent dans la gestion des actifs pétroliers et gaziers sous le régime de la loi sur le contenu local et de la souveraineté économique. L’aptitude de PETROSEN à piloter ce projet sera un indicateur pour les observateurs du marché énergétique africain.



