La capitale sénégalaise a été, hier mardi 21 avril 2026, l’épicentre d’une transformation majeure pour l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). En célébrant les lauréats de la première cohorte du programme CAP Innovation, l’institution dirigée par Louise Mushikiwabo marque sa volonté de passer de la diplomatie culturelle au capital-risque solidaire.
L’espace événementiel de l’Hôtel Sokhamon, a réuni en un moment la diplomatie francophone, en présence du ministre sénégalais du commerce et de l’industrie et l’élite de la technologie africaine. Dans ce cadre chargé d’histoire, rivé sur l’avenue Nelson Mandela, une annonce symbolique s’est faite : celle de l’innovation francophone qui ne se contente plus de tenir des discours, dorénavant, elle finance et propulse.
L’héritage de Senghor au service de l’IA
En ouvrant la cérémonie, la Secrétaire générale de l’OIF, Louise Mushikiwabo a placé la rencontre sous l’égide de l’ancien président feu Léopold Sédar Senghor. Mais si l’hommage au père fondateur de la « Francophonie créative » était vibrant, l’objectif est désormais tourné vers le 21e siècle. « Nous ne sommes plus seulement dans le renforcement des capacités, nous sommes dans le financement et le passage à l’échelle », a martelé la Secrétaire générale, réaffirmant la mutation de l’OIF en un véritable incubateur de croissance.
Une réponse concrète aux attentes de la jeunesse
Ce programme est le fruit d’une consultation massive menée en 2020 auprès de 10 000 jeunes de 134 pays a rappelé Louise Mushikiwabo qui depuis qu’elle dirige l’organisation a placé la jeunesse au coeur des priorités de l’Oif, a t’elle affirmé: » L’employabilité et l’emploi des jeunes est le défi majeur auquel l’organisation s’attèle » a précisé la secrétaire générale dans son discours de bienvenue. L’emploi, l’éducation et l’écologie structurent désormais l’action de l’OIF. En effet, Sur 3 100 candidatures, huit projets ont été retenus pour leur pragmatisme et leur ancrage local.
Pour le volet Éducation, la Marocaine Ghita Bensaid s’est distinguée grâce à la révolution de la formation professionnelle via la 3D, tandis que le Sénégalais Moustapha Diop de la plateforme Jangalma déploie une solution accessible hors-connexion.
En Écologie, le Béninois Femi Abel Tankpinou de ECOZEM a frappé l’admiration du jury par des tricycles solaires urbains, alors que la Congolaise Jovianne Birindwa de SmartShamba utilise l’Intelligence Artificielle pour guider les agriculteurs.
En Impact Social : du journalisme mobile au Togo avec E. Bonaventure Tchaou à la lutte contre la malnutrition au Cambodge portée par Borivath Tan, l’innovation se veut ici un outil de survie.
Un écosystème de réussite au-delà du financement
Si les dotations de 5 000 à 10 000 euros offrent un souffle financier, la force de CAP Innovation réside dans son architecture. En s’alliant à des partenaires comme Ecobank, EY et l’OFQJ, l’OIF offre aux lauréats un label de crédibilité internationale.
En parallèle, l’organisation déploie une véritable « boîte à outils » numérique : le Portail Jeunesse pour centraliser les opportunités, le Répertoire des jeunes experts pour cartographier les talents mais encore l’outil InserJeune pour mesurer l’impact réel sur l’employabilité.
Cap sur la Cohorte 2
L’événement de Dakar ne marquait pas une fin, mais un nouveau départ. Louise Mushikiwabo a profité de cette tribune pour lancer officiellement la deuxième édition du concours. Les entrepreneurs de 18 à 35 ans ont désormais jusqu’au 10 mai 2026 pour soumettre leurs dossiers.
Le message envoyé depuis l’hôtel sur l’avenue Mandela est sans équivoque : la Francophonie de demain devra partager bien plus qu’une langue ; elle veut partager des succès technologiques et une prospérité économique durable.
Mamadou Sy



