Souveraineté énergétique : Le Sénégal accélère sa transition avec une nouvelle centrale à gaz de 500 MW pilotée par le FONSIS

Dans la course à l’accès universel à l’électricité fixé pour 2030, l’État du Sénégal vient de franchir une étape stratégique majeure par l’intermédiaire de son bras financier. Comme le rapporte l’Agence Ecofin, le Fonds Souverain d’Investissements Stratégiques (FONSIS) a officiellement lancé, le vendredi 13 février 2026, un appel à partenariat pour le développement d’une centrale électrique à gaz d’une capacité massive de 500 MW. Ce projet d’envergure, dont le FONSIS assure le pilotage sous mandat étatique, couvre l’intégralité de la chaîne de valeur, depuis les études techniques et environnementales jusqu’à l’exploitation et la maintenance à long terme de l’infrastructure.

Cette initiative s’inscrit au cœur de la politique nationale « Gas-to-Power » amorcée fin 2018, visant à transformer structurellement le mix énergétique du pays. L’enjeu est de taille pour l’économie sénégalaise puisqu’il s’agit de convertir les anciennes unités fonctionnant au fioul et de bâtir de nouvelles capacités capables d’utiliser le gaz naturel, une ressource jugée plus compétitive et moins polluante. Selon les précisions relayées par l’Agence Ecofin, l’approvisionnement initial devrait s’appuyer sur le gaz naturel liquéfié importé, avant de basculer vers une exploitation souveraine grâce à la montée en puissance du gisement domestique Grand Tortue-Ahmeyim.

Sur le plan opérationnel et financier, la future centrale fonctionnera selon le modèle de producteur indépendant d’électricité. Une société dédiée sera créée pour porter l’investissement, tandis que la Société nationale d’électricité du Sénégal, la Senelec, agira en qualité d’acheteur unique à travers un contrat d’achat d’électricité soumis à la validation du régulateur du secteur. Au-delà de la simple augmentation de l’offre électrique, qui concernait déjà 84 % de la population en 2024, le FONSIS ambitionne de créer un alignement durable des intérêts entre les parties prenantes, tout en favorisant un transfert de compétences crucial pour la main-d’œuvre locale. Les acteurs économiques et industriels ont désormais jusqu’au 20 mars 2026 pour soumettre leurs propositions et participer à ce chantier qui doit redéfinir la sécurité énergétique du Sénégal.

 

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