Economie maritime : Le Sénégal restructure son secteur halieutique pour doper sa balance commerciale

 

Le Conseil des ministres du 28 janvier 2026 a validé une série d’orientations stratégiques visant à transformer le secteur de la pêche, un pilier crucial de l’économie nationale. Ces mesures, centrées sur la gouvernance et l’infrastructure, sont conçues pour améliorer la performance économique du secteur et renforcer la résilience financière du pays.

Gouvernance et rentabilité : Les enjeux de la nouvelle réglementation

La pierre angulaire de cette réforme est la révision du Code de la pêche maritime. Loin d’être une simple mise à jour légale, cette initiative vise à instaurer une transparence accrue dans l’attribution des licences et la gestion des ressources. Pour le secteur financier, c’est un signal positif de réduction du risque réglementaire. Une gestion plus rigoureuse des stocks halieutiques est essentielle pour garantir la durabilité des investissements à long terme et sécuriser les approvisionnements des industries de transformation. La lutte contre la pêche illégale, implicite dans cette réforme, permettrait de capter des revenus qui échappaient jusqu’alors à l’assiette fiscale.

Investissements ciblés pour la chaîne de valeur

L’État appuie sa stratégie par un effort budgétaire concret, avec une enveloppe de 32,5 milliards de FCFA dédiée au secteur en 2026. Ces fonds financeront la modernisation des infrastructures de débarquement et de conservation, un investissement direct dans la réduction des pertes post-capture. Sur le plan économique, chaque poisson mieux conservé représente une augmentation de la valeur ajoutée locale, un gain de compétitivité pour les exportations et, in fine, une amélioration de la balance commerciale. Le développement de l’aquaculture est également promu comme une diversification de l’offre, sécurisant les revenus face à la volatilité des captures traditionnelles.

Impact macroéconomique et perspectives d’investissement

Ces réformes structurelles devraient permettre au secteur de la pêche de consolider sa contribution au PIB et aux recettes d’exportation. En sécurisant les ressources et en optimisant la chaîne de valeur, le Sénégal envoie un signal fort aux investisseurs privés. La discipline sectorielle exigée, y compris le respect des accords régionaux (CEDEAO), renforce la crédibilité du pays sur la scène internationale. L’objectif est clair : transformer la rente halieutique en un flux financier durable et prévisible, essentiel pour la stabilité macroéconomique du Sénégal.

 

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