Finances publiques : Comment le Sénégal mise sur le « tout-numérique » pour séduire les agences de notation et alléger sa dette

L’intégration massive du numérique dans l’administration sénégalaise, actée lors du Conseil des ministres du 28 janvier 2026, s’impose comme un levier stratégique pour restaurer la notation souveraine du pays auprès d’agences de référence telles que Moody’s ou S&P Global Ratings. En dématérialisant ses procédures, l’État s’attaque de front à des faiblesses structurelles chroniques : le manque de transparence et les lourdeurs bureaucratiques, des facteurs souvent sanctionnés par les marchés financiers mondiaux.

Sur le plan des finances publiques, cette transformation sécurise l’assiette fiscale et optimise le recouvrement, améliorant mécaniquement le ratio recettes publiques/PIB. Par ailleurs, une administration digitalisée réduit les risques de corruption et renforce les standards de gouvernance. Ce point est crucial, car les critères ESG (Environnement, Social, Gouvernance) pèsent désormais d’un poids déterminant dans les décisions d’allocation de capital des investisseurs institutionnels.

En s’engageant à comprimer ses dépenses de fonctionnement par le biais du numérique, le Gouvernement sénégalais envoie un gage de discipline budgétaire. Si ces réformes soutiennent l’objectif d’un déficit contenu à 4,7 % du PIB, elles pourraient induire un relèvement des perspectives de notation, abaissant de fait le coût des futurs emprunts. La transformation numérique n’est donc plus un simple chantier administratif ; elle devient un véritable actif financier destiné à sanctuariser la signature souveraine du Sénégal sur le marché de l’UMOA-Titres et à l’international.

 

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