Intelligence artificielle et capital humain : les DRH face à la mutation du travail

Réunis à Dakar, experts, dirigeants et représentants institutionnels ont débattu des impacts de l’intelligence artificielle sur les métiers des ressources humaines. Entre opportunités de performance et risques de chômage, la rencontre a posé les bases d’un dialogue stratégique pour réinventer la fonction RH en Afrique.

La Rencontre des décideurs de Dakar 2026 a consacré une journée entière à l’intelligence artificielle (IA) et aux métiers des ressources humaines. Pour Pape Matar Guèye, représentant de Skello au Sénégal, l’enjeu est clair : « Automatiser les tâches répétitives pour libérer du temps aux DRH afin qu’ils se consacrent à leur cœur de métier : le capital humain. » Une vision partagée par El Hadji Birahim Guèye, directeur du capital humain à Sonatel, qui souligne que l’IA « remplacera ceux qui refusent de l’utiliser par ceux qui savent en tirer parti ».

Le débat a également mis en lumière les risques. L’automatisation pourrait entraîner la disparition de certains postes, notamment les profils juniors, comme l’a relevé Sonatel : une baisse de 14 % des recrutements de jeunes développeurs est déjà observée. Pour les intervenants, la solution réside dans la formation continue, la redéfinition des fiches de poste et l’intégration de l’IA dans les parcours professionnels afin d’éviter une montée du chômage.

Dans son discours d’ouverture, Me Abdoulaye Tine, ministre-conseiller et porte-parole de la présidence, a insisté sur la nécessité de « digitaliser sans déshumaniser ». Selon lui, l’IA ne remplacera pas l’humain, mais « l’humain qui ne maîtrise pas l’IA risque de subir les mutations ». Il a appelé à un dialogue public-privé renforcé pour bâtir des ponts entre administrations, entreprises et partenaires sociaux.

Au-delà des enjeux opérationnels, la rencontre a soulevé la question du cadre juridique et éthique. La création d’une commission transdisciplinaire a été évoquée pour encadrer l’usage de l’IA, protéger les données personnelles et anticiper les menaces liées aux cyberattaques.

La Rencontre des décideurs de Dakar 2026 aura marqué une étape : l’IA n’est plus une option, mais une réalité qui impose aux DRH africains de repenser leurs pratiques. Entre performance et régulation, le défi est double : transformer l’IA en levier de compétitivité tout en garantissant un cadre juridique et éthique solide. Le Sénégal, en initiant ce dialogue, se positionne comme un laboratoire africain de la gouvernance de l’intelligence artificielle.

Mamadou SY

 

 

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