SNDSPI 2025-2029 : Trois piliers pour booster la compétitivité et l’investissement au Sénégal

Le Ministère de l’économie et le Collectif des journalistes économiques du Sénégal (COJES) ont tenu, le 13 avril 2026 à Dakar, un atelier stratégique sur la Stratégie nationale de développement du secteur privé (SNDSPI). L’objectif : transformer un tissu économique encore largement informel en un moteur de croissance endogène conforme à la « Vision Sénégal 2050 ».

Le diagnostic est sans appel : malgré une accélération de la croissance à 5,3 % sur la dernière décennie (portée par l’extractif et les services)  l’économie sénégalaise reste prisonnière de faiblesses structurelles. Lors de cette session de partage, les autorités ont dévoilé les leviers de la SNDSPI 2025-2029 pour inverser la tendance.

Un secteur privé à bout de souffle mais au potentiel intact

Le tableau brossé lors de l’atelier souligne la fragilité des opérateurs locaux. Bien que le secteur privé représente 97 % des entreprises et 98 % des emplois, il ne génère que 16 % du chiffre d’affaires national. Cette faible productivité est exacerbée par des coûts de facteurs de production prohibitifs : l’électricité s’affiche à 142,84 FCFA/KWh, contre moins de 1 FCFA au Maroc.

À cette équation complexe s’ajoute une concentration géographique excessive (51 % des activités sur l’axe Dakar-Thiès) et un déficit d’exploitation des ressources. Le Pôle Nord, par exemple, perd chaque année 20 milliards de m³ d’eau douce, tandis que moins de 10 % de son foncier est valorisé.

Les trois piliers de la transformation

Pour Mouhamadou Bamba Diop, Secrétaire général du Ministère de l’économie, la SNDSPI n’est pas un simple document cadre, mais le socle d’un nouveau modèle fondé sur trois axes :

La compétitivité des pôles territoriaux pour décentraliser la création de richesse. L’amélioration de l’environnement des affaires via des réformes garantissant la prévisibilité pour les investisseurs.

L’accompagnement des PME pour faciliter l’accès au financement et aux marchés.

Vers une industrialisation de proximité

Jouldée Soumare, Directrice du Développement du Secteur Privé (DDSP), a insisté sur l’urgence de la transformation locale. « L’enjeu est de produire mieux et de capter davantage de valeur », a-t-elle martelé. Elle a cité des exemples critiques : la filière mangue, où 50 % de la production est perdue faute d’unités de transformation, ou encore la pêche, pénalisée par un déficit logistique.

La stratégie prévoit désormais d’identifier des « entités remarquables » dans chaque région pour tirer des écosystèmes entiers, tout en structurant un pipeline de projets bancables. Le projet « Permanent Village » pour les tailleurs de Dakar illustre cette volonté de formalisation et de modernisation des métiers artisanaux.

En renforçant le partenariat avec les médias économiques, l’État espère faire de la transparence et de l’information financière des leviers d’attractivité pour les investissements directs étrangers (IDE) et nationaux.

Par Mamadou SY

 

Author: admin