Le 27 février 2026, le Sénégal a réalisé une levée de fonds sur le marché de l’UMOA-Titres. Cette opération intervient à deux semaines d’une échéance financière importante pour le pays. L’État a ainsi confirmé le maintien de sa signature sur le marché régional malgré la pression sur les liquidités.
Une mobilisation des investisseurs régionaux.
Pour cette adjudication de Bons et d’Obligations Assimilables du Trésor (BAT et OAT), le Sénégal visait 100 milliards de FCFA. Les soumissions globales ont atteint 161,26 milliards de FCFA, soit un taux de couverture de 161,27 %. Le Trésor public a retenu 108,78 milliards de FCFA. Les titres se répartissent comme suit : 50,2 milliards de FCFA sur 364 jours, 51,5 milliards de FCFA sur 3 ans et 7 milliards de FCFA sur 5 ans.
Le coût du refinancement : des rendements sous tension.
Le rendement moyen pondéré s’est établi à 6,79 % pour les titres à un an, 7,64 % pour les 3 ans et 7,70 % pour les 5 ans. Ces taux traduisent la prime de risque demandée par les investisseurs. Pour le Sénégal, qui a refusé la restructuration de sa dette, cette mobilisation de cash est nécessaire. Elle permet de constituer les provisions pour l’échéance du 13 mars 2026, où le pays doit honorer un service de la dette de 746 milliards de FCFA.
Le 13 mars : un test pour la gestion budgétaire.
Cette levée de fonds s’inscrit dans un calendrier financier serré. En sollicitant le marché de l’UMOA-Titres, le gouvernement compense la suspension des décaissements du FMI et l’accès limité aux marchés internationaux. L’objectif est de prouver, par le règlement des créances au 13 mars, que le pays fait face à une difficulté de liquidité et non d’insolvabilité. Le succès de cette émission du 27 février montre que les banques de la zone CFA maintiennent leur appui au Trésor sénégalais.



