Alpha Barry, CEO d’Atos Afrique : « Je suis convaincu que le développement de notre continent ne se fera que par la mise en place d’initiatives en faveur de plus d’engagement des femmes dans l’économie formelle »

L’Afrique est digitale, quels sont selon vous les atouts du continent africain en termes de transformation numérique ?

L’Afrique est un continent en croissance avec une population jeune et férue de technologies, beaucoup plus qu’ailleurs dans le monde. Atos a compris cet enjeu et a investi depuis plusieurs années sur le continent (avec par exemple la création de delivery centers au Maroc et au Sénégal) pour devenir le partenaire de cette évolution.  Le développement démographique, d’une part, et la formidable créativité de sa population, d’autre part, constituent des atouts réels que notre groupe a intégré dans sa stratégie à moyen et long terme.

Quelle est l’ambition d’Atos sur le continent et dans quels domaines intervenez-vous ?

Notre stratégie en Afrique est de devenir le partenaire numéro 1 de la digitalisation des économies africaines par une approche en 3 points :

  1. Nous mettons les offres du groupe au service de toute entreprise en recherche de modernisation de ses process par la digitalisation, pour répondre ainsi aux besoins métiers de nos clients.
  2. Nous proposons, en partenariat avec des sociétés africaines du secteur numérique aux entreprises locales, des offres et solutions adaptées au contexte africain en vue de soutenir leur croissance et permettre, notamment, la création et le développement de produits ou services dits d’innovation inversée, c’est-à-dire des produits conçus et développés en Afrique et qui s’exportent sur le marché mondial.
  3. Nous développons les capacités « digital offshore » des ingénieurs Africains pour qu’ils deviennent une référence dans le domaine, comme c’est le cas par exemple des centres offshore IT indiens.

De quelle manière Atos s’engage pour la féminisation de ses effectifs ?

Nous croyons fermement que la diversité est un important facteur de croissance et de performance. Le Groupe s’est fixé des objectifs ambitieux pour améliorer de manière continue l’égalité hommes-femmes et nous avons ainsi mis en place plusieurs initiatives au niveau international afin de soutenir les femmes à tous les échelons de l’entreprise et leur faciliter l’accès aux postes clés – dont le programme ‘Women Who Succeed’, plusieurs programmes de gestion des talents, ou encore un système de mentorat pour accompagner les femmes vers des postes d’encadrement supérieur. Le pourcentage de femmes occupant des postes de haut niveau est ainsi en nette augmentation au sein du Groupe. Nous figurons d’ailleurs dans la liste Parity.org des entreprises les plus engagées dans la progression de la carrière des femmes.

Quels conseils donneriez-vous aux jeunes femmes diplômées qui souhaiteraient évoluer au sein d’un groupe leader mondial de la transformation numérique comme Atos ?

Sans avoir la prétention de donneur des leçons, je me permettrai de donner deux types de recommandations. Le premier type est d’ordre général et constitue le socle de valeurs indispensables au succès d’un projet, ce sont le travail, l’obsession du résultat, le sens des responsabilités et un comportement éthique irréprochable. Le deuxième conseil plus spécifique aux Jeunes femmes est de ne pas hésiter, à exprimer leur ambition de disposer de plus de responsabilités dans l’Entreprise en vue de mettre en exécutions non seulement la stratégie mais aussi leurs idées et initiatives.

Le programme WIA Code Sénégal a été lancé en juin 2021 à l’école Mariama Bâ afin de former 35 jeunes filles aux métiers du numérique. Qu’attendez-vous de ce programme ?

Nous sommes fiers de contribuer à la formation aux technologies de ces jeunes filles, et de leur donner les compétences qui les aideront à relever les défis technologiques de demain en Afrique.  Grace aux moyens techniques et de formation que nous mettons à leur disposition, et l’accompagnement réalisé par les collaborateurs Atos, nous créons les meilleures conditions qui soient pour favoriser leur montée en compétence dans le domaine du numérique. Ce programme contribuera à renforcer leur confiance en elles, et les femmes adultes qu’elles deviendront demain auront ainsi un rôle clé dans la transformation digitale du continent.

Pourquoi ce souhait de vous engager auprès de WIA pour former des jeunes étudiantes au numérique et plus largement soutenir les femmes africaines contribuant à l’économie du continent ?

En formant les jeunes filles aux programmes autour des technologies et du numérique, nous souhaitons préparer les femmes africaines aux emplois de demain et contribuer à la formation de la prochaine génération de jeunes innovatrices numériques du continent.

Question plus personnelle, vous êtes né au Sénégal, vous avez parcouru le monde pour différentes missions. Envisagez-vous un retour sur le continent ?

Oui absolument, et dans mon poste actuel je suis souvent en déplacement de longue durée sur le continent et je prévois, à l’avenir, de consacrer davantage de mon temps en Afrique pour travailler sur des projets de digitalisation des économies africaines,

Avez-vous un conseil à donner aux membres de la diaspora qui envisagent un retour en Afrique ?

Difficile de donner des conseils tellement chaque cas est différent.  Ce qu’il faut éviter cependant c’est de retourner au pays sans aucune préparation. Il faut, autant que possible, disposer d’un projet professionnel dans une Entreprise au sens large, ce qui facilitera le retour, ou développer un projet personnel dont la viabilité aura été testée au préalable (valeur ajoutée apportée, existence de marché, solvabilité clients, etc.) Il ne faut être ni optimiste, ni pessimiste, mais réaliste.

Comment envisagez-vous l’Afrique numérique de demain et quelle place Atos souhaite y avoir ?

Je vois une Afrique avec une population toujours jeune, en comparaison au reste du monde, utilisatrice de technologies basées sur des infrastructures modernes, sécurisées et décarbonées par l’utilisation massive et généralisée de l’énergie renouvelable.

Je vois également une Afrique qui se développe par des start-ups qui créent des produits innovants, utiles pour l’Afrique et le reste du monde et, enfin, le renforcement de la capacité de réalisation, à partir de l’Afrique, de projets digitaux en mode offshore.

Ces 3 sujets constituent les bases de la stratégie d’Atos en Afrique, (1) nous mettons à disposition de nos clients le portefeuille d’offres d’Atos d’intégration de services, de Big Data et de Cybersécurité, (2) nous participons au renforcement de l’écosystème de start-ups, et (3) nous recrutons des ingénieurs en Afrique ou provenant de la diaspora pour réaliser des projets locaux et offshore.

L’Afrique affiche le taux le plus élevé de femmes entrepreneures au monde (24%), dont beaucoup créent des solutions digitales innovantes, quel est selon vous l’avenir de l’entrepreneuriat féminin sur le continent ?

L’entreprenariat féminin en Afrique est en effet très dynamique, et ce dans tous les secteurs de la vie économique et sociale, et cela se vérifie aussi dans le secteur du Numérique.

Je suis convaincu que le développement de notre continent ne se fera que par la mise en place d’initiatives en faveur de plus d’engagement des femmes dans l’Economie formelle.

(Source WIA)

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